Titanic Bomb Gas : le rock n’a pas coulé !
« les ingé-son font un peu la gueule… Mais nous on aime bien »
Depuis bientôt dix ans, Titanic Bomb Gas enchaîne les concerts et les festivals dans toute la France. Florian Larriveau et Etienne Hayet, Oihan Oliarj-Ines, bassiste et chanteur et Julien Bordenave et Romain Gratalon, batteurs. Ce groupe de cinq landais est décrit comme fou, énergique et provoque sur son passage pogos et headbangs. Titanic Bomb Gas c’est six EP et deux sorties en vinyles. L’année dernière ils ont sorti leur premier album « Straw » le 21 mars. Florian et Oihan ont accepté de répondre à nos questions.
Florian Larriveau, Oihan Oliarj-Ines, Romain Gratalon et Etienne Hayet dans les coulisses du Deux ex Machina à Bordeaux
Sur votre Instagram vous vous décrivez comme un groupe de psych-surf-punk-stoner-whatever, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur ce mélange de style ?
Florian – On en parlait justement en écrivant des mails pour se présenter. En fait c’est plus une mouvance, on donne un cadre. Ce n’est pas juste du punk, ni juste du surf mais ça donne les contours vers où on va.
Oihan – C’est hyper dur parce que tous les genres qu’on cite sont un peu révolus. Ils ont tous au moins dix ans si ce n’est plus. Le style qu’on a aujourd’hui n’a pas vraiment de nom, alors on agrège des styles. Equilibrer les styles est le meilleur moyen de décrire ce qu’on fait mais j’avoue que c’est chiant. C’est pour ça qu’il y a des groupes qui inventent des nouveaux noms de styles, ça simplifie tout.
Comment votre histoire a commencé ?
Florian – J’avais un autre groupe avec lequel je jouais beaucoup à Bordeaux mais ça commençait à partir en couilles. J’ai commencé à écrire deux EP pour moi, juste pour me prouver que je pouvais le faire tout seul. On était au conservatoire ensemble avec Oihan et Romain c’est mon ami d’enfance. On a commencé à jouer ensemble et on s’est lancé en trio. Au fur et à mesure on a composé un EP et c’est comme ça qu’on a lancé le groupe en 2015.
Oihan – bientôt 10 ans !
Ce soir vous n’êtes pas au complet mais souvent vous jouez à deux batteries. Comment ça se passe ?
Florian – On joue à deux batteries quand l’occasion se présente. Ça dépend de la disponibilité des deux batteurs et du lieu qui accueille. Je pense que ça les arrange qu’on vienne avec une seule batterie.
Oihan – La batterie c’est le plus dur à sonoriser, c’est là où il y a le plus de micro. Quand on arrive avec deux batteries les ingé- son font un peu la gueule… Mais nous on aime bien jouer avec deux batteries c’est marrant.
Florian – Ils font des trucs synchronisés, ça fait le spectacle. Soit ils jouent la même chose, soit ils s’amusent avec des questions réponses.
Titanic Bomb Gas sur la scène du Deus Ex Machina à Bordeaux le samedi 13 janvier 2024
Qui sont vos inspirations musicales ?
Florian – Directement je pense aux Osees. C’est vraiment les papes de notre style. Ils mélangent autant les longueurs psychédéliques que le côté punk. Ils sont vraiment au-dessus du lot. Je suis aussi très fan de Together Pangea, des Black Lips, les Big Buddies…
Oihan – Je me souviens on écoutait beaucoup Fuzz. Florian me parlait tout le temps de FIDLAR. Forcément de plus loin il y a Neil Young, les Stooges, Nirvana, Black Sabbath.
Est-ce que vous arrivez à vivre de la musique ?
Florian – On vit de la musique, mais pas qu’avec ce groupe. On en a tous plusieurs et certains donnent des cours en plus. Pour nous ce n’est pas compliqué de vivre de la musique mais on ne pourrait pas vivre que de Titanic Bomb Gas.
Oihan- C’est comme tous les métiers : ça a sa part de difficultés et aussi ses avantages. En France on a l’intermittence qui aide pas mal. Je ne dirais pas que c’est dur, c’est anxiogène au début mais il faut dépasser ce stade. Pour la musique, tous les ans c’est remis sur la sellette. Si ton groupe se casse la gueule tu perds ton boulot !
Quels conseils donneriez-vous à un groupe de rock qui se lance ?
Florian – Par rapport à mon expérience perso, on m’a souvent fait remarquer que je sors les projets sans trop réfléchir. C’est vrai que j’aurais pu engranger plus de connaissances avant de partager mes morceaux. J’ai composé des musiques et les ai sorties direct sans avoir aucune idée de ce que le groupe allait être. La scène est un peu plus regardante sur ça, elle aime bien avoir des projets bien inspirés, qui ne vont pas dans tous les sens. C’est mon ressenti. Je pense qu’un groupe qui se lance devrait prendre le temps de voir son projet dans sa globalité. Mais attention faut pas non plus trop trainer, il faut envoyer quand même. Et puis pas d’alcool !
Oihan – Le conseil que j’aurais à donner à un petit groupe c’est de ne pas lâcher. Quand on démarre un groupe, si on a envie qu’il avance, si on a la prétention de se dire « Ce groupe c’est le groupe de ma vie », alors il ne faut pas lâcher la tension et les efforts. Je sens qu’avec Titanic Bomb Gas, il y a eu un moment pendant lequel on roulait bien et après on a un peu lâché avec le Covid. C’est dur de remonter en selle.
Florian – Depuis qu’on a sorti l’album, Straw, qui est notre septième sortie mais notre premier album, on retrouve notre inertie. Quand t’arrêtes c’est comme le sport, t’es un peu rouillé. On apprend beaucoup en faisant un album alors autant s’en servir pour écrire le prochain et utiliser l’inertie pour évoluer. Ça s’entretient.
Oihan – Si t’y crois faut pas lâcher, faire un break pour reprendre plus tard ça ne fonctionne pas.
Salomé Di Stefano
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