« Si ma fille n’avait pas été là, il m’aurait tué »
Tribunal de Bordeaux
Le 1er février 2024, Monsieur X est arrêté à Lormont pour récidive de violence conjugale. Le juge décrit des menaces, des gifles, des étranglements, des coups dans le ventre portant son enfant, devant la fille de la victime âgée de 5 ans.
Ce 12 février 2024, le tribunal bordelais est rempli. Le juge énumère les actes de violence physique et verbale commis par Monsieur X sur sa femme, enceinte de treize semaines. Elle n’est pas présente lors de l’audience. « Je vais te crever, monte à l’appartement ou je te fume » cite le juge. Monsieur X marmonne, il ne reconnaît pas l’intégralité des faits. Il nie la présence de l’enfant qui a portant témoigné « Il a tapé plusieurs fois maman ». Le juge revient sur l’emprise psychologique, les blessures jusqu’à l’évanouissement de la victime suivi d’une incapacité à marcher de 2 jours.
L’homme a déjà 18 mentions dans son casier pour des vols, des violences et des menaces de morts et trois condamnations pour violences conjugales. Seul le bruissement des pages du dossier résonne dans la salle.
Le prévenu décrit en lui une « colère viscérale » et affirme qu’il a besoin de suivi pour « régler ce problème ». Le juge est décontenancé. Outrée, l’avocate de la partie civile qualifie Monsieur X de « plaie pour la société ». Elle rapporte, tremblante, les mots de madame : « Si m’a fille n’avait pas été là, il m’aurait tué ». L’avocate insiste sur les récidives et le danger qu’il représente pour cette femme, sa famille et les femmes qui suivront. Elle apprend au prévenu que son ancienne conjointe a dû avorter pour couper tout lien avec lui. Elle clame, en le pointant de la main, « Il s’en fou de la détention » et demande un dédommagement de 10 000€ pour la victime et 10 000€ pour sa fille.
La procureure, calme, déclare « ce dossier est terrifiant ». Elle montre les photos que la victime a pris en cachette : ses hématomes, ses cocards, provoquant une vague de réactions du public, abasourdi. Elle rappelle que, au vu des nombreuses récidives et des précédents sursis, la loi prescrit 20 ans de réclusion lorsqu’il y a meurtre. Dépitée, elle requiert cinq ans de prison et cinq ans d’interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de vivre en Gironde.
L’avocate de la défense minimise les faits. Elle affirme qu’il ne s’agit pas de « violences quotidiennes ». Selon elle, il ne l’aurait pas frappé au ventre au vu de l’inquiétude qu’il montre pour le bébé. Elle demande 1 an de prison maximum, voir une détention sous bracelet électronique chez ses parents.
Le procès se termine sur le silence du prévenu. Il est déclaré coupable de l’ensemble des faits. Il est condamné à 5 ans de prison ferme, trois ans de suivi socio-judiciaire, cinq ans d’interdiction de contact avec les deux victimes et de vivre en Gironde pendant cinq ans ainsi qu’à 11 600€ de dédommagement.

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