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  • Suspension du plan Ecophyto : un retour en arrière ?

    Suspension du plan Ecophyto : un retour en arrière ?

    Suspension du plan Ecophyto :
    un retour en arrière ?

    Depuis que les agriculteurs sont arrivés à la capitale le gouvernement tente d’apaiser les tensions. Le 1er février le premier ministre annonce un retour en arrière sur la question des pesticides

    Gabriel Attal lors de son discours annonçant la suspension d’Ecophyto

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    Exercice radio enregistré en classe
    suspension du plan Ecophyto

    Gabriel Attal a annoncé la suspension du plan Eco Phyto. Il prévoyait de réduire de 50% l’utilisation de pesticides à horizon 2030. Les agriculteurs contestent, entre autre, le fait qu’on leur impose des normes écologiques non-obligatoire dans les autres pays. Alors évidemment ils se disent perdants face à la concurrence étrangère moins chère et pleine de pesticides. 

    Face à cette annonce, deux camps s’opposent : la FNSEA et la Confédération paysanne. D’un côté, le président de la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, Arnaud Rousseau, affirme que les normes environnementales sont « trop contraignantes ». De l’autre côté la confédération paysanne, 3me plus gros syndicat agricole, déplore un inquiétant retour en arrière. Ainsi, bien que la FNSEA ai décidé de mettre ses actions en pause, les agriculteurs de la confédération continuent de manifester et espèrent une réelle considération financière et que les enjeux climatiques soient enfin pris en compte. Ils demandent notamment l’interdiction de l’importation de marchandises ne respectant pas les normes imposés aux produits français.  

  • Corentin Esmieu : Les loups menacés dans l’Union Européenne ? 

    Corentin Esmieu : Les loups menacés dans l’Union Européenne ? 

    Corentin Esmieu : les loups menacés dans l’Union Européenne ?

    Aujourd’hui la présence des loups en France fait son retour dans le débat politique : faut-il les réguler, en abattre plus ou bien plus les protéger ? Corentin Esmieu est accompagnateur de montagne et photographe animalier. Il concentre son travail sur la photo d’animaux sauvage et essentiellement sur le loup. Début d’année 2024, il participe au documentaire Face au loup réalisé par la chaîne YouTube Ecotalk dans lequel ils se rendent à la rencontre du prédateur pour sensibiliser à sa protection. 

    Corentin Esmieu – Instagram 

    Pouvez-vous nous parler de votre travail sur les loups ? 

    Mon travail c’est sensibiliser. Avec Ecotalk on a essayé de faire une vidéo sur le loup en essayant de faire passer un message comme des médiateurs. C’est un sujet très difficile, les deux camps qui s’opposent, pour et contre, sont vraiment campés sur leurs position. Les discussions sont souvent impossible, le sujet est très délicat. À travers mes photos j’essaye de valoriser l’animal, d’apporter le côté positif et des vérités sur ce qu’on peut entendre sur le loup : il mange tout, les éleveurs n’arrivent pas à vivre avec le loup… On essaye de casser tout ces mythes mais cela prend beaucoup, beaucoup de temps. 

    Qu’est-ce qu’il se passe quand on décide de tirer plus de loups pour protéger les troupeaux ? 

    Une meute c’est une famille de loup, constituée de parents et d’enfants. D’une année sur l’autre, les petits quittent la meute pour aller créer la leur. Quand on tire un individu dans une meute, si on a le malheur de tirer une femelle ou un mâle alpha, cela va déstructurer la meute. Toute la famille explose et ces loups se retrouvent seuls et vont avoir du mal à chasser. C’est eux qui ont tendance à causer beaucoup de dommage sur les troupeaux. Plus on les tire, plus on déstructure, plus on augmente ce qu’on appelle la dispersion (les loups s’éparpillent sur le territoire). Un autre problème est que cela a tendance a multiplier la reproduction du loup. Quand on tire la meute, elle explose et ces loups qui partent vont refaire leur vie et vont se mettre en couple ce qui augmente la population. Plus on tire de loup, plus on augmente la population de loup à long terme. C’est la pire des choses à faire. Actuellement, en France, en Suisse, un peu partout en Europe, on prend cette direction et cela ne va apporter que l’inverse de ce que l’on veut. 

    Est-ce que vous pensez que, comme il y a 200 ans, les loups peuvent être disparaître de France ? 

    À l’époque, pour tuer les derniers loups qui se cachaient dans les forêts, on y mettait le feu. J’espère qu’en 2024 on arrivera pas jusque là. Quand bien même on exterminerait les loups français, il y en aurait toujours en Italie, en Suisse… Éradiquer les loups est impossible, ou alors il faudrait une catastrophe, que les chevreuils et les cerfs disparaissent. 

  • Le bras de fer : un sport plein d’aprioris

    Le bras de fer : un sport plein d’aprioris

    Le bras de fer : une discipline pleine d’aprioris

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    Guillaume Damour, trois fois médaillé de bronze au championnat de France, nous fait découvrir la discipline du bras de fer sportif. « Top-roll », « hook »… Le 16 mars le championnat de France se déroulera à Vitrolles. Le club bordelais se prépare pour cette compétition. 

  • Crème fraîche, « la crème de la crème »

    Crème fraîche, « la crème de la crème »

    Crème fraîche, la friperie de « la crème de la crème »

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    La seconde main est largement démocratiser en France. Tom, gérant de la boutique Crème fraîche rue du loup à Bordeaux, nous parle de seconde main et me fait essayer une tenue 100% crème fraîche. 

    Réalisé en collaboration avec Carla Despont

  •  « Sans le savoir, je montre que je ne suis pas de ce monde »

     « Sans le savoir, je montre que je ne suis pas de ce monde »

    « Sans le savoir, je montre que je ne suis pas de ce monde »

    Interview de Philippe Poutou par Salomé Di Stefano

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    Philippe Poutou, conseiller métropolitain de la ville de Bordeaux a répondu à nos questions dans le cadre d’une fausse émission télé « Réveille toi Soleil ». Fast-fashion, écologie et lutte des classes, Monsieur Poutou s’est prêté au jeu de l’interview. 

  • Le prince de Teahupoo défend son royaume

    Le prince de Teahupoo défend son royaume

    Matahi Drollet, le petit prince de Teahupo’o, défend son royaume à l’approche des JO 2024

    Face à la polémique de la nouvelle tour des juges pour l’épreuve de surf au JO 2024, de nombreux sportifs s’engagent pour la protection du récif de Teahupo’o. Parmi eux, Matahi Drollet, surfeur tahitien. Celui qu’on surnomme le « petit prince de Teahupo’o » est la figure de proue du mouvement de protestation.

    Matahi Drollet à Teahupo’o malgré la vigilance rouge en juillet 2022 (Surf Report)

    Le récif de Teahupo’o à Tahiti, accueillera durant trois jours les épreuves de surf des Jeux Olympiques 2024. Les locaux et surfeurs du monde entier s’opposent à la construction d’une nouvelle tour d’arbitrage en aluminium. Celle-ci remplacerait les deux tours en bois habituellement utilisées lors des compétitions de la WSL (World Surf League). Le projet, qualifié de désastre environnemental par les associations de protection de l’environnement, est vivement critiqué. Matahi Drollet, amoureux de la vague qu’il a de nombreuses fois défiée, est le meneur de cette lutte pour préserver le récif tahitien. 

    « La mer est un lieu sacré, c’est un héritage ancestral que l’on se doit de protéger »

    Amour de la tradition, cheveux bouclés et sourire parfait, Matahi est la version surfeur du internet boyfriend. Il est avant tout un amoureux de l’océan et se qualifie de free surfeur professionnel. Il ne court pas après les titres et préfère se garder du temps pour ses autres passions telles que les sorties en mer sur sa pirogue double polynésienne et la pêche sous-marine. La pirogue double polynésienne est l’ancêtre des catamarans actuels, c’est un bateau à voile à deux coques. Dans une interview à Surf Report il se confie sur son lien profond avec l’océan « Toute ma vie est orientée autour de l’océan ». 

    C’est cet amour pour l’environnement marin et pour le village où il a grandi qui le pousse à s’engager pour leur protection. Il prend position contre le projet de tour de juge pour les épreuves de surf chez lui à Teahupo’o. Sur son compte Instagram il publie une vidéo dans laquelle il explique les raisons de son engagement. 

    Assis face à son téléphone, il raconte la gorge serrée la destruction des coraux, l’industrialisation des fonds marins, la déformation de la vague et tout ça dans l’opposition totale des revendications de la population. A travers ces vidéos, il met en avant la pétition qu’il a lancé pour protéger les fonds marins et les marches pacifistes qu’ils partagent en direct. Entre deux sessions de surf, il défile au milieu de centaines de tahitiens pour défendre Teahupo’o. La pétition publiée le 17 octobre 2023 a déjà récolté plus de 160 000 signatures. Le petit prince protège le Mana de l’île connue comme un paradis du surf. 

     

    Matahi Drollet qualifié en août pour la Shiseido 2023 à Tahiti

    « Si j’ai la carrière que j’ai aujourd’hui, c’est grâce à l’environnement qui m’entoure »

    Matahi vient d’une famille de surfeur et grandit avec son frère Manoa dans une maison face à la vague tahitienne. C’est à 14 ans que les gens du village commencent à l’appeler le petit prince en le voyant dompter des murs de plus de dix mètres. A seulement 16 ans il remporte le Red Bull WSL Big Wave Award qui récompense le plus beau tube de l’année, c’est-à-dire une vague qui se referme sur elle-même. Rien n’arrête le petit prince qui se fait une place à l’internationale en surfant la plus grosse vague de Teahupo’o en 2021. Dans les médias, il exprime sans cesse sa reconnaissance pour cette vague mythique qui lui a permis d’accéder aux compétitions internationales. En passant le plus clair de son temps dans l’eau, il développe une nouvelle passion : le foil.

    Souvent considéré comme un « surf motorisé », le foil est en réalité un sport bien à part. Selon Matahi, la pratique s’apparente plutôt à celle du jet ski. Précurseur du domaine en Polynésie française, il est sponsorisé par la marque Lilloise Takuma. Il est la star du film publicitaire Silent Intensity pour Porsche et Takuma.  On le voit sur un e-foil, une planche de surf avec un bras motorisé de foil, parcourir la Seine juste devant la tour eiffel. Il vole presque et fait forte impression au grand public par son aisance sur ce nouveau modèle.

    Cet été il remporte le tournoi de qualification de la Tahiti Pro et affronte le brésilien, numéro un mondial, Filipe Toledo. Le journal L’Equipe le qualifie même de « surfeur le plus cool du monde » alors qu’il exprime son calme face aux championnats.

    https://youtu.be/uKBJVMuhMhM?si=XI1ICNHm3ziVl__a

  • « Si ma fille n’avait pas été là, il m’aurait tué »

    « Si ma fille n’avait pas été là, il m’aurait tué »

    « Si ma fille n’avait pas été là, il m’aurait tué »

    Tribunal de Bordeaux

    Le 1er février 2024, Monsieur X est arrêté à Lormont pour récidive de violence conjugale. Le juge décrit des menaces, des gifles, des étranglements, des coups dans le ventre portant son enfant, devant la fille de la victime âgée de 5 ans.

    Ce 12 février 2024, le tribunal bordelais est rempli. Le juge énumère les actes de violence physique et verbale commis par Monsieur X sur sa femme, enceinte de treize semaines. Elle n’est pas présente lors de l’audience. « Je vais te crever, monte à l’appartement ou je te fume » cite le juge. Monsieur X marmonne, il ne reconnaît pas l’intégralité des faits. Il nie la présence de l’enfant qui a portant témoigné « Il a tapé plusieurs fois maman ». Le juge revient sur l’emprise psychologique, les blessures jusqu’à l’évanouissement de la victime suivi d’une incapacité à marcher de 2 jours.

    L’homme a déjà 18 mentions dans son casier pour des vols, des violences et des menaces de morts et trois condamnations pour violences conjugales. Seul le bruissement des pages du dossier résonne dans la salle.

    Le prévenu décrit en lui une « colère viscérale » et affirme qu’il a besoin de suivi pour « régler ce problème ». Le juge est décontenancé. Outrée, l’avocate de la partie civile qualifie Monsieur X de « plaie pour la société ». Elle rapporte, tremblante, les mots de madame : « Si m’a fille n’avait pas été là, il m’aurait tué ». L’avocate insiste sur les récidives et le danger qu’il représente pour cette femme, sa famille et les femmes qui suivront. Elle apprend au prévenu que son ancienne conjointe a dû avorter pour couper tout lien avec lui. Elle clame, en le pointant de la main, « Il s’en fou de la détention » et demande un dédommagement de 10 000€ pour la victime et 10 000€ pour sa fille.

    La procureure, calme, déclare « ce dossier est terrifiant ». Elle montre les photos que la victime a pris en cachette : ses hématomes, ses cocards, provoquant une vague de réactions du public, abasourdi. Elle rappelle que, au vu des nombreuses récidives et des précédents sursis, la loi prescrit 20 ans de réclusion lorsqu’il y a meurtre. Dépitée, elle requiert cinq ans de prison et cinq ans d’interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de vivre en Gironde.

    L’avocate de la défense minimise les faits. Elle affirme qu’il ne s’agit pas de « violences quotidiennes ».  Selon elle, il ne l’aurait pas frappé au ventre au vu de l’inquiétude qu’il montre pour le bébé. Elle demande 1 an de prison maximum, voir une détention sous bracelet électronique chez ses parents.

    Le procès se termine sur le silence du prévenu. Il est déclaré coupable de l’ensemble des faits. Il est condamné à 5 ans de prison ferme, trois ans de suivi socio-judiciaire, cinq ans d’interdiction de contact avec les deux victimes et de vivre en Gironde pendant cinq ans ainsi qu’à 11 600€ de dédommagement.

  • La Prochaine fois que tu mordras la poussière

    La Prochaine fois que tu mordras la poussière

    La prochaine fois que tu mordras la poussière

    Chroniqueur, humoriste et comédien, on connaît Panayotis Pascot pour ses débuts au Petit journal puis à Quotidien sur Canal+ et son one-man show « Presque ». Après quelques apparitions au cinéma, il publie son premier livre La Prochaine fois que tu mordras la poussière, vrai succès de librairie de la rentrée littéraire d’août 2023.


    Un récit autobiographique

    « La nuit on s’éclaire soi-même, c’est pas pareil, on décide qu’on existe. On apprend à s’exister. »

    La Prochaine fois que tu mordras la poussière raconte comment il explore sa sexualité, combat sa dépression mélancolique et l’évolution de la relation avec son père, sujets qu’il aborde de façon plus légère dans son spectacle.

    Panayotis Pascot nous ouvre ses pensées, ses inquiétudes, son habitude de trouver refuge dans une activité nocturne d’écrire. L’histoire s’articule autour des trois thèmes comme une pièce de théâtre. Pas d’introduction, une entrée en matière directe sur son père et leur relation. En découle une certaine vision de la masculinité : ne surtout pas être vulnérable. Tout au long du livre il s’exprime sur la figure paternelle qui se veut forte, insensible. Cette vision entre en comparaison avec l’acceptation de son homosexualité dans un violent passage à l’âge adulte. 

    Pourtant, on reconnaît la tendresse de l’auteur et ces boules d’émotions qui le hantent. Panayotis écrit d’une manière sensible, comme pour lui-même et pourtant il parle à beaucoup, à chacun. Son rapport à l’écriture en soi le rapproche inévitablement de son père écrivain dont il cherche la reconnaissance alors que ce dernier attend tristement la mort. 

    Le rapport au père est un sujet récurrent de la littérature. Ici, il a ceci de particulier que leur relation est marquée par le silence, l’attente de la reconnaissance et la tentative de comprendre l’autre.

    Une remise en question

    « Mais surtout, je n’arrête pas de me demander : que deviennent les larmes qui n’ont pas coulé ? » 

    Si vous pensez qu’un jeune homme de 25 ans n’a rien à vous apprendre sur la dépression ou sur l’amour, vous vous trompez. Au-delà de l’attachement qu’on ressent pour lui, sa sensibilité, les mots que Panayotis pose sur son expérience résonnent fortement avec le lecteur. Il est touchant. Il ne s’agit pas d’une lecture légère mais plutôt d’une introspection constante qui pousse le lecteur, lui aussi, à se remettre en question.

    D’une écriture crue, directe, parfois dure, La Prochaine fois que tu mordras la poussière est le journal intime d’un gamin qui se cherche, et cette quête est un chemin que le lecteur prend plaisir à parcourir avec lui.

    publié sur boojum.fr

  • « Tous ces jeunes donneurs sont l’avenir du don »

    « Tous ces jeunes donneurs sont l’avenir du don »

    « Tous ces jeunes donneurs sont l’avenir du don »

    Du 21 au 23 novembre, sur le campus universitaire de Pessac, plus de 120 bénévoles participent à une grande collecte de sang. L’objectif : attirer les nouveaux donneurs lors du 15e anniversaire du « sang pour sang ». De quoi s’agit il ?

    Le chapiteau de « sang pour sang » à Pessac

    Des gouttes de sang au plafond, sur des drapeaux et même en goodies : impossible de se tromper vous êtes ici pour donner votre sang. L’entrée du chapiteau est gardée par un des bénévoles, guitare à la main. A l’intérieur, blouses blanches et sweatshirt universitaires se mélangent et tout le monde veut que vous soyez bien hydraté.

    Ophélie est étudiante en histoire de l’art à l’université Bordeaux-Montaigne. Aujourd’hui elle réalise son premier don du sang sous le grand chapiteau blanc. Elle remplit un questionnaire qui lui est donné par des volontaires de l’association Lions club. Une soixantaine de questions sur les voyages, les vaccins, les rapports sexuels…

    Le chapiteau de près 700m2 est bondé. Elle ne cache pas son appréhension vis-à-vis de la douleur là-dessus par exemple, il serait intéressant de lui donner la parole via des citations, de l’entendre… mais est rapidement rassurée par une secrétaire. Elle s’occupe de récolter ses informations personnelles afin de l’inscrire dans la base de données. C’est l’entretient pré-don. Ophélie est appelée pour une entrevue avec un médecin pour le test d’hémoglobine. Une petite piqure au bout de l’index permet de savoir si le donneur peut être prélevé. L’hémoglobine est une protéine riche en fer essentielle au transport de l’oxygène dans le sang. Tout est en ordre et Ophélie peut alors passer à l’étape du prélèvement.

    L’espace prélèvement de la collecte

    Tandis qu’elle est allongée sur un brancard, une infirmière lui glisse l’aiguille sous la peau et le sang coule rapidement dans une petite poche. Ils sont une vingtaine à faire leur don au même moment. Sur la toile blanche du chapiteau sont exposés en héros des portraits de donneurs de plasma. Environ 15 minutes plus tard, la jeune donneuse peut se relever et aller commander un repas offert.

    Comme Ophélie, des étudiants défilent toute la journée et sont pris en charge par 30 professionnels de l’EFS. « Le rythme est soutenu » affirme un médecin. Elle participe fièrement chaque année à l’évènement. En effet sur les trois jours de collecte, plus de 1200 personnes sont attendues.

    Dans la petite et bruyante cantine aménagée, le directeur de l’EFS Nouvelle-Aquitaine, Michel Jeanne, donne un discours. « Nous attendons tous les jeunes donneurs qui sont l’avenir du don » déclare-t-il. L’année dernière, près de 60% des dons ont réalisés par des nouveaux donneurs, contre 10% dans une collecte classique selon un médecin de l’EFS. Les étudiants, sensibilisés au sein des universités, sont donc très attendus lors de cette 15e édition à Pessac.

    en collaboration avec Maëlle Mallet-Hardy

  • Titanic Bomb Gas : le rock n’a pas coulé !

    Titanic Bomb Gas : le rock n’a pas coulé !

    Titanic Bomb Gas : le rock n’a pas coulé !

    « les ingé-son font un peu la gueule… Mais nous on aime bien »

    Depuis bientôt dix ans, Titanic Bomb Gas enchaîne les concerts et les festivals dans toute la France. Florian Larriveau et Etienne Hayet, Oihan Oliarj-Ines, bassiste et chanteur et Julien Bordenave et Romain Gratalon, batteurs. Ce groupe de cinq landais est décrit comme fou, énergique et provoque sur son passage pogos et headbangs. Titanic Bomb Gas c’est six EP et deux sorties en vinyles. L’année dernière ils ont sorti leur premier album « Straw » le 21 mars. Florian et Oihan ont accepté de répondre à nos questions. 

    Florian Larriveau, Oihan Oliarj-Ines, Romain Gratalon et Etienne Hayet dans les coulisses du Deux ex Machina à Bordeaux

    Sur votre Instagram vous vous décrivez comme un groupe de psych-surf-punk-stoner-whatever, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur ce mélange de style ? 

    Florian – On en parlait justement en écrivant des mails pour se présenter. En fait c’est plus une mouvance, on donne un cadre. Ce n’est pas juste du punk, ni juste du surf mais ça donne les contours vers où on va. 

    Oihan – C’est hyper dur parce que tous les genres qu’on cite sont un peu révolus. Ils ont tous au moins dix ans si ce n’est plus. Le style qu’on a aujourd’hui n’a pas vraiment de nom, alors on agrège des styles. Equilibrer les styles est le meilleur moyen de décrire ce qu’on fait mais j’avoue que c’est chiant. C’est pour ça qu’il y a des groupes qui inventent des nouveaux noms de styles, ça simplifie tout.  

    Comment votre histoire a commencé ?

    Florian – J’avais un autre groupe avec lequel je jouais beaucoup à Bordeaux mais ça commençait à partir en couilles. J’ai commencé à écrire deux EP pour moi, juste pour me prouver que je pouvais le faire tout seul. On était au conservatoire ensemble avec Oihan et Romain c’est mon ami d’enfance. On a commencé à jouer ensemble et on s’est lancé en trio. Au fur et à mesure on a composé un EP et c’est comme ça qu’on a lancé le groupe en 2015.

    Oihan – bientôt 10 ans !

    Ce soir vous n’êtes pas au complet mais souvent vous jouez à deux batteries. Comment ça se passe ?

    Florian – On joue à deux batteries quand l’occasion se présente. Ça dépend de la disponibilité des deux batteurs et du lieu qui accueille. Je pense que ça les arrange qu’on vienne avec une seule batterie.

    Oihan – La batterie c’est le plus dur à sonoriser, c’est là où il y a le plus de micro. Quand on arrive avec deux batteries les ingé- son font un peu la gueule… Mais nous on aime bien jouer avec deux batteries c’est marrant.

    Florian – Ils font des trucs synchronisés, ça fait le spectacle. Soit ils jouent la même chose, soit ils s’amusent avec des questions réponses.

     

    Titanic Bomb Gas sur la scène du Deus Ex Machina à Bordeaux le samedi 13 janvier 2024

    Qui sont vos inspirations musicales ?

    Florian – Directement je pense aux Osees. C’est vraiment les papes de notre style. Ils mélangent autant les longueurs psychédéliques que le côté punk. Ils sont vraiment au-dessus du lot. Je suis aussi très fan de Together Pangea, des Black Lips, les Big Buddies…

    Oihan – Je me souviens on écoutait beaucoup Fuzz. Florian me parlait tout le temps de FIDLAR. Forcément de plus loin il y a Neil Young, les Stooges, Nirvana, Black Sabbath.

    Est-ce que vous arrivez à vivre de la musique ?

    Florian – On vit de la musique, mais pas qu’avec ce groupe. On en a tous plusieurs et certains donnent des cours en plus. Pour nous ce n’est pas compliqué de vivre de la musique mais on ne pourrait pas vivre que de Titanic Bomb Gas.

    Oihan- C’est comme tous les métiers : ça a sa part de difficultés et aussi ses avantages. En France on a l’intermittence qui aide pas mal. Je ne dirais pas que c’est dur, c’est anxiogène au début mais il faut dépasser ce stade. Pour la musique, tous les ans c’est remis sur la sellette. Si ton groupe se casse la gueule tu perds ton boulot !

    Quels conseils donneriez-vous à un groupe de rock qui se lance ?

    Florian – Par rapport à mon expérience perso, on m’a souvent fait remarquer que je sors les projets sans trop réfléchir. C’est vrai que j’aurais pu engranger plus de connaissances avant de partager mes morceaux. J’ai composé des musiques et les ai sorties direct sans avoir aucune idée de ce que le groupe allait être. La scène est un peu plus regardante sur ça, elle aime bien avoir des projets bien inspirés, qui ne vont pas dans tous les sens. C’est mon ressenti. Je pense qu’un groupe qui se lance devrait prendre le temps de voir son projet dans sa globalité. Mais attention faut pas non plus trop trainer, il faut envoyer quand même. Et puis pas d’alcool !

    Oihan – Le conseil que j’aurais à donner à un petit groupe c’est de ne pas lâcher. Quand on démarre un groupe, si on a envie qu’il avance, si on a la prétention de se dire « Ce groupe c’est le groupe de ma vie », alors il ne faut pas lâcher la tension et les efforts. Je sens qu’avec Titanic Bomb Gas, il y a eu un moment pendant lequel on roulait bien et après on a un peu lâché avec le Covid. C’est dur de remonter en selle.

    Florian – Depuis qu’on a sorti l’album, Straw, qui est notre septième sortie mais notre premier album, on retrouve notre inertie. Quand t’arrêtes c’est comme le sport, t’es un peu rouillé. On apprend beaucoup en faisant un album alors autant s’en servir pour écrire le prochain et utiliser l’inertie pour évoluer. Ça s’entretient.

    Oihan – Si t’y crois faut pas lâcher, faire un break pour reprendre plus tard ça ne fonctionne pas.

    Salomé Di Stefano